Entreprendre au Cambodge

Simplicité apparente ou réelle ?

Les entrepreneurs français déjà présents au Cambodge sont unanimes sur les facilités accordées aux étrangers pour s’installer et créer une entreprise.

Ainsi monter une société n'est pas très compliqué d'un point de vue administratif. Mais il faut beaucoup de temps pour avoir les bonnes relations, connaitre les bonnes démarches, savoir vers quel réseau se tourner...

Rien n'est jamais définitif, la réglementation évolue constamment, et  les responsables locaux (Khmers) sont souvent perdus.

Attention à ne pas tout révolutionner en s'implantant au Cambodge, ne cherchez surtout pas à reproduire un modèle français ou européen. Être entrepreneur au Cambodge c'est avant tout rester réaliste et comprendre les règles en vigueur. Il ne faut jamais perdre de vue que l'on n'est pas en Europe et qu'il faut sans cesse s'adapter.

Certains croyaient avoir les bonnes relations ou connexions, pourtant ça n'a pas marché. 
 

S'appuyer sur une strucuture existante !

Monter sa boite ici est plus facile qu’en France, moins de tracas administratifs, investissement moindre, facilité de personnel.

Oui mais, uniquement à partir du moment où l’on a les bonnes connaissances.

Alors il est essentiel de connaitre le mode de fonctionnement du pays. Si un entrepreneur veut investir au Cambodge en montant sa propre entreprise, il lui faut un support, connaissant déjà tous les rouages, qui pourra lui expliquer comment ça marche ici, et l'aider à faire son étude de marché, son positionnement par rapport à la concurrence existante... De connaitre le prix des fournisseurs, le salaire des employés…

Les lois s’appliquent à l’identique pour les investisseurs étrangers et nationaux et les investissements à 100% étrangers sont autorisés (avec des exceptions). Le capital social minimum est de 1.000 USD hormis quelques secteurs comme les banques et les assurances.

Concernant les formes juridiques, Au Cambodge, la forme la plus utilisée est la société privée à responsabilité limitée, ce qui correspond à une SARL en droit français. Car elle permet de profiter de nombreux avantages significatifs en terme fiscal.

Les acteurs locaux sont à l'écoute des nouvelles opportunités. Alors, il est très facile de rencontrer les acteurs des milieux du business et de la politique, de trouver le nom d’un directeur et de discuter d’un projet autour d’un repas. Mais pour se faire l'entrepreneur devra se créer un réseau très rapidement.

Et pour avoir un bon réseau, et initialiser les démarches rapidement, il vaut mieux s'appuyer sur des structures institutionnelles comme :

  • La Chambre de Commerce et d'Industrie Franco-Cambodgienne (CCIFC) pour une entreprise en droit local. La commission PME/PMI de la CCIFC est l’organe idéal pour rencontrer des entrepreneurs partageant des problématiques communes.
  • La mission économique de l’Ambassade de France (soutien à l’exportation des entreprises françaises).

Bien comprendre comment gérer son personnel !

La principale difficulté rencontrée est la gestion du personnel.

Souvent, par manque de formation, les employés n'assureront pas un service de qualité au sens Européen du terme. Notamment, dans la relation avec la clientèle, qui n'a rien de comparable avec les normes occidentales. Peut-être que, dans quelques années, les normes et réglementations internationales seront appliquées de plus en plus au Cambodge. C'est déjà parfois le cas dans les grands hôtels et grands restaurants de Siem-Reap et de Phnom Penh.

Les difficultés sont liées à la constitution et à la fidélisation d’un capital "compétences" au sein de l’entreprise. Mais aussi, à la gestion au quotidien du personnel d'entreprise. Car il est très difficile de leur faire accepter des règles, des plannings, des plans...

Les Khmers n'ont pas, de par leur éducation, la capacité d'abstraction que peuvent avoir les occidentaux. Ils sont, au contraire, très concrets. Lorsque vous expliquez quelque chose il ne faut pas parler avec la tête, il faut leur parler avec le cœur pour les toucher. Et parfois il faut employer des expressions intraduisibles en anglais (ni en français), faire des périphrases, répéter plusieurs fois une même idée. Le langage est fleuri. C'est très différent de la manière de penser occidentale. Il faut interpréter, et parler au cœur des Cambodgiens. En plus, ils ne disent jamais non, parce qu'ils ne veulent pas faire perdre la face à leur interlocuteur. Ils préfèrent apporter une réponse allusive, charge à l'autre de l'interpréter. Dans ce contexte, seules les personnes rodées à cet exercice peuvent entreprendre quelque chose en pays Khmer. En conséquence il faut être parfaitement accompagné.

Ne dit-on pas "à chaque jour suffit sa peine", eh bien ici, cela s'applique plus qu'ailleurs, car la notion de temps n’existe pas en Asie, et encore moins au Royaume Khmer. Si en Europe nous avons la montre, en Asie ils ont le temps. Et la notion simple de planning ne peut être comprise par un Cambodgien qui, bien qu’une journée de travaille fasse huit heures, passera son temps entre tâches à exécuter et interruptions spontanées dues aux évènements, et ils sont nombreux. 

Par contre, et c'est le plus étonnant, les jeunes khmers ayant suivi une formation universitaire ont une très grande motivation, une volonté d'apprendre et de bien faire. Mais en contre-partie ils exigeront des salaires décents, un contrat de travail, un respect mutuel, ce qui est tout à fait normal.

Trois acteurs incontournables !

Souvent ignorés, voire négligés, le Chef de village (Mé Phoum), le Chef de commune (Mé Khoum) ainsi que le Chef de police (Mé Poli) seront des acteurs incontournables, dans la vie de tous les jours, et notamment lorsque vous voudrez vous installer quelque part pour créer votre business.

Au début, ils vous poseront pleins de questions, et solliciteront indirectement votre portefeuille. Mais au fil du temps, surtout si vous avez été généreux en multiples occasions, ils seront des alliés indispensables.

Beaucoup d'expatriés préfèrent vivre entre expats et n'ont jamais faits les démarches auprès de ces trois acteurs, et sont surpris que personne ne les aide lorsque les problèmes surviennent. 

Avoir de bonnes relations avec le Chef de village et le Chef de commune, et s'en faire des amis est vital, car ils intercéderont en votre faveur auprès des forces de police, des représentants des administrations, qui finiront par vous laisser tranquille.

Conseil : Dès que vous aménagerez, vous devrez aller vous présenter au Chef de village, qui vous conduira auprès des Chefs de commune et de police. Vous devrez être accompagné par un traducteur car aucun de ces personnages ne parlent la langue de Molière, ni de Shakespeare. Maintenant, beaucoup de jeunes Khmers parlent l'anglais et travail généralement dans l'hôtellerie, la restauration, le tourisme, ou encore comme enseignant, donc facile à trouver. Si vous ne parlez pas l'anglais ! Il vous faudra trouver une deuxième personne, mais là cela commence à être sportif !

Pour plus d'informations, notamment pour établir une bonne relation avec le Chef de village, continuez la lecture sur le sujet suivant Chef de village.

Cadre légal du Travail.

En ce qui concerne le travail des étrangers, le Cambodge a mis en place des quotas d’embauche pour les étrangers qui ne doivent pas dépasser 10% du nombre total d’employés d’une entreprise.

Un entrepreneur étranger ne peut pas lancer un commerce quel qu’il soit, sans l’obtention préalable d’un permis de travail et une autorisation délivrée par le ministère du Travail et de la Formation professionnelle.

Tout ressortissant étranger souhaitant travailler au Cambodge doit remplir les conditions suivantes :

  • être en possession d’un permis de travail ;
  • être entré au Cambodge de manière légale ;
  • avoir un passeport valide et un visa E (affaire).

La loi ne garantit pas de salaire minimum, donc liberté totale ! Non car les Khmers savent très bien quel salaire demander pour un type de travail. 

La durée légale du temps de travail est de 48 heures par semaine pour un maximum de huit heures par jour, avec une journée complète de repos par semaine. L’employé peut accepter de travailler plus mais le maximum est de 10h par jour pour 54h par semaine (soit 6h payées en heures supplémentaires).

Tout contrat qui prévoit moins de 48h de travail par semaine est considéré comme du temps partiel.

 

Informations complémentaires.

Comme en France, où en Europe, les contrats peuvent être à durée déterminée ou indéterminée. Jusqu'à maintenant ils n'étaient que très peu établis.

Le contrat à durée déterminée dure 2 ans et peut être renouvelable, les dates de début et de fin doivent être indiquées sur le contrat. Toutefois si l’employeur souhaite y mettre un terme à la fin des 2 ans il n’est pas obliger de justifier sa décision.

Dans le cas des CDI, l’employeur est obligé de justifier sa décision s’il met un terme au contrat et il est obligé de payer les congés payés non pris au moment du départ.

Chaque salarié à temps plein a droit à 19 jours de congés payés par an, qui correspondent aux fêtes nationales. Il peut également négocier des jours de repos pour convenances personnelles, cela dépend de l'entreprise, mais les employeurs Khmers sont plus tolérant que les employeurs étrangers.

Les heures supplémentaires sont payées à 150% et les jours fériés travaillés à hauteur de 200 % du salaire journalier.

Jour chômé hebdomadaire : une journée par semaine, voire deux principalement dans les banques et administrations, ou à la convenance de l'employeur. Parfois pas d'arrêt, notamment dans les entreprises du bâtiment.

Il est raisonable d'attendre !

La prudence est mère de sureté juste pour vous dire de ne pas foncer pas tête baissée.

  • Vous voulez un commerce, connaissez-vous la réglementation en matière de baux commerciaux ?
  • Visas longue durée ? Permis de travail ? Quotas ?
  • Vous souhaitez exercer un métier de plaisance, connaissez-vous les lois maritimes en vigueur ici ? Ou juste les usages ? Simplement un mécano ?
  • Vous allez être en concurrence avec des locaux, et des expatriés, pensez-vous qu'ils vont être tendres avec vous !
  • Avez-vous fait un business plan ?
  • Avez-vous 1 an de fonds de roulement devant vous ?

Surtout, surtout soyez juste prudents, très prudents !

Il faudrait rester au minimum 6 mois au Cambodge et bien peser le pour et le contre avant d'investir quelques dollars. Car, le nombre d'expatriés qui se sont fait arnaquer est très important, et ceux qui réussissent une minorité, car il s'agit de ne pas tout perdre : 

Pour le fun, juste pour rire, parcourez les deux liens suivants:

Ces drôles d'Expats

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Recommandations faites par Chris-de-Nice, un ami.

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Date de dernière mise à jour : 14/08/2018