Les Fresques d'Angkor Vat

Mythologie

La presque totalité des temples d'Angkor font référence à deux ouvrages mythiques, voire mystiques, le Mahâbhârata, et le Ramayana. Deux livres sacrés de l'Inde. C'est très troublant, et il nous faudra percer le mystère de la représentation systématiques des poèmes décrits par le Mahâbhârata, et le Ramayana, les plus anciens de l'humanité, sur les murs des temples d'Angkor.

Le Mahâbhârata contient 12 000 pages, (soit 15 fois le volume de la Bible) qui relatent la « Grande Geste » des Bharata, datant des derniers siècles avant J.C. C'est une saga mythico-historique, contant de hauts faits guerriers qui se déroulèrent environ 2 200 ans avant l'ère chrétienne, entre deux branches d'une famille royale: les Pandava et leurs cousins les Kauravas, pour la conquête du pays des Arya, au nord du Gange. C'est l'un des deux grands poèmes épiques de l'Inde, fondateur de l'hindouisme avec le Ramayana.

Ainsi, Angkor est au cœur du grand Secret. Angkor est la Clé et la Solution. Angkor est le jardin d'où l'incarnation nous avait chassés. Et là, dans le jardin, tout nous est expliqué : qui nous sommes, où nous allons, que deviendrons nous.

Est-ce que le décryptage des bas-reliefs des temples Khmers est un exercice voué à l'échec ? Tant la mythologie hindoue et les légendes du Mahâbhârata, et du Ramayana sont complexes. Est-ce que seuls les bonzes érudits et les orientalistes chevronnés peuvent essayer de comprendre la signification des scènes religieuses gravées dans la pierre ?

Alors, sans dévoiler maintenant les aspects mystiques, (qui ferons l'objet d'autres articles) essayons de faire le tour de la galerie du Temple d'Angkor.

D'une longueur de 800 mètres, cette galerie retrace les principales époques du  Mahâbhârata, et représente les poèmes du Ramayana. 

Le barattage de la mer de lait

Le barattage de la mer de lait - le Kshirasagara manthana, aussi appelé barattage de l'océan,  est un mythe cosmologique de l'hindouisme. C'est l'une des plus belles représentations de ce mythe hindouiste qui se trouve dans le complexe d'Angkor Vat.


Au début des temps, lSoma qui désigne dans l'hindouisme une plante et un breuvage rituel, était placé sur la mont Méru par Varuna, ordonnanceur de la Terre, et consommé par Indra, pour faire de lui le roi des dieux (dans le panthéon hindou) et lui permettre de vaincre Vritra, un dragon retenant les Eaux, empêchant ainsi de poursuivre la création du monde. N'ayant plus de soma pour se griser, les dieux cherchèrent une nouvelle boisson de félicité. La Voie lactée blanche et onctueuse, comme une mer de lait, leur parut comme source même de ce nectar et propice pour cette confection.  

Cependant les dieux (Déva) et les démons (Asura), qui étaient alors tous mortels, étaient en lutte pour la maîtrise du monde. Les deva, affaiblis et vaincus, demandèrent l'assistance de Vishnou qui leur proposa d'unir leurs forces à celles des asura dans le but d'extraire l'amrita, le nectar d'immortalité. Le mont Mandara représentant la Terre, fut renversé, son sommet reposant sur la carapace de la tortue Akûpâra, un avatar de Vishnou. Puis ils utilisèrent le serpent Vâsuki, le roi des Nâgas (serpent à sept têtes), pour mettre la mont en rotation en tirant alternativement, les Dévas d'un côté, les Asuras de l'autre.

Après mille ans d'effort, le barattage produisit alors un certain nombre d'objets extraordinaires et d'êtres merveilleux :
Kâlakûta ou Hâla-Hala, un poison violent que Shiva but avant qu'il ne se répande et détruise le monde. Il en conservera une marque bleue
à la gorge. Cependant quelques gouttes s'échappèrent et furent léchées par les serpents et les scorpions et sont à l'origine de leur venin ;
Surabhî, la vache d'abondance, source perpétuelle de lait et de beurre, qui satisfait tous les besoins ;
Vârunî, la déesse du vin, roulant des yeux, fille de Varuna ;
Pârijâta, l'arbre du paradis parfumant le monde de la fragrance de ses fleurs ;
• Chandra, la lune dont Shiva para sa chevelure ;
Uchaishravas, le cheval blanc, l'ancêtre de tous les chevaux, dont les sept bouches symbolisent les sept couleurs de l'arc-en-ciel ;
Airâvata, l'éléphant blanc qui devint la monture d'Indra et de tous les rois Khmers ;
• les Apsarâs ou nymphes célestes, bien connues au royaume Khmer ;
Shrî (Lakshmî), la déesse de la beauté et de la fortune, assise sur un lotus ;
Kaustubha, la conscience sans défaut, le joyau qui orna ensuite la poitrine de Vishnu, et de son avatar Krishna ;
• et enfin Dhanvantari, le médecin des deva - souvent considéré comme un avatar mineur de Vishnou et futur roi de Kâshi - tenant dans ses mains une coupe, kumbha, pleine d'amrita, le nectar d'immortalité.

Aussitôt qu'ils virent ce dernier, les Asura se précipitèrent sur lui et s'emparèrent de la coupe avant que les deva ne puissent intervenir. Vishnou prit alors la forme de Mohini, la femme la plus belle au monde, et tandis que les Asuras étaient subjugués, il s'empara de la coupe et la remit aux Devas. Rendus maintenant immortels, les Devas ne pouvaient plus être vaincus et ils précipitèrent les Asura aux enfers. Cependant, au cours de cette dernière lutte, et selon les croyances hindousites, quelques gouttes d'amrita tombèrent sur la terre :

  • En Inde : dans le fleuve Godâvarî à Nasik, dans la Shipra à Ujjain, et dans le Gange à Haridwar et à Prayag. Ces quatre villes, bénies par le nectar devinrent des lieux majeurs de pèlerinage où se tiennent les rassemblements nommés kumbhamelâ.
  • Au Royaume Khmer : sur la montagne sacrée de  Phnom Koulen où, vers l'an 800,  le Roi "Jayavarman II" proclama l'indépendance du royaume par rapport à Java, marquant la naissance de l'empire Khmer.

Depuis ce jour, le Ciel abrite les Apsarâs, ces vierges farouches qui se refusent à jamais aux joies de l'amour maternel et préfèrent garder intact leur corps d'une incomparable beauté. Leur cœur en souffre parfois ! Des centaines d'Apsaras ornent la fresque, elles volent au-dessus des Asuras et Dévas.

 

Barattage mer de lait asuras
Galerie des bas reliefs
Barattage mer de lait devas

Les Asuras (démons)

Vihsnou aidant les Dévas

Les Dévas (dieux)

La bataille de Kurukshetra

La bataille de Kurukshetra (devanagari : कुरुक्षेत्र युद्ध) est la bataille qui, pendant 18 jours, opposa les Kauravas aux Pandavas, et forme une partie essentielle de l'épopée sanskrite de la mythologie hindoue ; le Mahābhārata.

 

D'après le Mahābhārata, une lutte dynastique entre les clans frères des Kauravas et des Pandavas pour le trône de Hastinapur s'est soldée en une bataille dans laquelle tous les anciens royaumes ont participé en tant qu'alliés des deux clans rivaux. Les Pandavas vaincront, et reprendront ainsi le pouvoir. La bataille a eu lieu à Kurukshetra dans l'État moderne de Haryana, en Inde.​

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L'armée de Suryavarman II

Contrastant avec les autres bas reliefs d'Angkor Vat, cette fresque de 94 m de long a un passé historique.

Elle montre le roi "Sûryavarman II" qui régna sur l'Empire Khmer de 1113 à 1150, fondateur d'Angkor Vat, et son armée.

On découvre le roi chevauchant un éléphant, arborant une riche couronne d'or, protégé par 15 parasols. Le roi se dissimule sous les parasols pour se protéger des mercenaires ennemis, les siamois. Leurs rangées armées semblent plutôt chaotique et mal dirigée par un chef déchu de sa monture, lui donnant un air de soumis tandis que l'armée khmère avance invincible face aux ennemis qu'ils piétinent sans pitié. 

Il prend le nom de « Suryavarman » après son accession au trône. Surya est un terme sanskrit signifiant « soleil » bien que varman soit un suffixe dans les noms royaux khmers qui est généralement traduit par « bouclier » ou « protecteur ». Ce souverain ainsi que le roi précédent qui a aussi pris ce nom sont parfois appelés les « rois soleils ».

​La première partie de la fresque représente le monarque "Suryavarman II" donnant une audience dans son palais. La seconde section illustre l'armée khmère en marche. Outre les fantassins, on distingue des cavaliers et des éléphants. Le roi "Suryavarman II" et 19 de ses généraux montent des éléphants de guerre . Notons au passage que le souverain dépasse toujours en taille les autres personnages et qu'il est entouré d'un grand nombre de parasols. Suryavarman II apparaît sur son éléphant à mi-chemin du bas-relief. Le cortège comprend aussi des musiciens. On distingue divers instruments tels que conques, flûtes, trompes, tambours et gong. D'autres guerriers, moins disciplinés que les Khmers apparaissent dans la procession. Certains semblent porter la moustache et la barbe. Ils ont les cheveux longs. Leurs parures et leur aspect diffèrent des guerriers khmers. On n'a pas vraiment identifié ces étranges guerriers dénommés Syam Kuk, alliés de Suryavarman II.

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Le roi Suryavarman II, assis sur son trône, préside le conseil de guerre.  Il est en audience avec ses chefs d'armées et ses ministres pour décider des plans militaires à mener contre les Siams. 

 

 

Défilé de l'Armée avant la bataille contre les Siams

Guerriers Khmers en marche pour la bataille

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Date de dernière mise à jour : 28/07/2018